Effets bandwagon et underdog : 2 effets des sondages à maîtriser pour ne pas être déstabilisé !

27 février 2024 • Elections

Les Bourdieusiens vous diront que « l’opinion n’existe pas », les Woltoniens qu’ « il est admis que l’opinion publique est une figure temporaire et imparfaite du corps électoral » et les pragmatiques que maintenant qu’ils sont sortis, il va bien falloir y jeter un œil à ces sondages ! C’est à ces derniers, candidat.e.s ou conseiller.e.s de campagne électorale, que cet article s’adresse. Savoir bien lire un sondage, c’est aussi savoir en anticiper les biais.

Pourquoi s’intéresser aux sondages malgré tout ?

Pour optimiser votre communication ou revoir, même si je le déconseille en règle générale, votre stratégie de campagne.

Il faut noter au préalable que les 2 effets détaillées ci-après, bien connus et étudiés en science politique, concernent en premier lieu des personnes peu exposées à la politique, ce qui est le cas de la plus grande partie de l’électorat sauf peut-être, dans les derniers jours avant le scrutin.

L’impact sera de fait plus limité sur les membres de la liste ou de l’équipe, mais vous devez pouvoir formaliser à leur attention une réaction « clé en main » qu’ils pourront relayer lorsqu’ils seront interrogé sur un sondage.

L’effet bandwagon : la « prime au favori »

Premier effet bien connu, l’effet bandwagon ou en français, effet d’entrainement.

Le résultat d’un sondage va « pousser » celui ou celle qui en sort favori vers le haut, et l’aider à creuser son écart avec ses adversaires.

Conséquences possibles ?

  • Une démobilisation d’une partie des soutiens et/ou de l’électorat : puisqu’il/elle a déjà gagné, pourquoi irais-je voter ?
  • Un report des voix pour jouer « le vote utile »

L’effet underdog : un « regain de sympathie » pour l’outsider ?

L’effet underdog, ou « de chien battu », est un regain de mobilisation en faveur d’un.e candidat.e donné perdant dans un sondage.

Si le risque peut être celui de démobilisation des soutiens ou électeurs, qui pourraient vouloir « voter utile » en choisissant un autre candidat, cette situation doit au contraire être vue comme une chance pour remobiliser par des actions de terrain. A vous de savoir parler à vos équipes et de réorienter, si nécessaire, votre stratégie de campagne !

Ressources

Et parce que le sujet est passionnant, deux lectures et une vidéo éclairantes sur le site de l’ENS Lyon :