Faire campagne en ligne : oui, mais pas que !
Ils sont légion, ceux qui vous disent que vous ne pouvez pas gagner une élection sans site ni réseaux sociaux. En réalité, et en particulier pour les municipales, c’est surtout sur le terrain que l’élection se gagne et donc, surtout au terrain que vous devez consacrer votre temps. Ce qui ne signifie pas pour autant négliger votre présence en ligne, mais plutôt allouer au digital uniquement le temps strictement nécessaire !
Une recommandation générale : plus tard vous commencez, moins c’est utile
Vous le savez, en ligne, c’est l’algo (de Google, de Meta, …) qui décide. Et l’algo aime la régularité, la durée. Conclusion : créer un site ou ouvrir un compte sur un réseau à quelques semaines du vote ne sera pas franchement déterminant, d’autant moins que le sponsoring est formellement prohibé en période électorale et que vous ne pourrez compter que sur votre référencement naturel.
Un site web dédié ? Seulement sur les (très) grosses villes
Même si, aujourd’hui, on peut créer son site pour un coût minime, il va falloir l’alimenter. Donc au-delà du temps passé à le concevoir, allouer des ressources pour créer du contenu et le mettre en ligne.
Et la plupart du temps, cette ressource-là peut plus utilement être utilisée ailleurs : à faire du porte-à-porte, rédiger le programme, préparer la salle de réunion publique … ou créer de beaux visuels pour vos réseaux sociaux !
Quel réseau social choisir pour sa campagne électorale ?
« Quel réseau » au singulier car là encore, il est question d’économie de vos ressources. Mieux vaut un seul réseau social bien (c’est-à-dire régulièrement) animé que plusieurs qui vivotent.
En outre, choisir un seul réseau vous permet de centraliser votre communauté et de vous assurer de la bonne diffusion de vos informations.
Alors lequel ? Celui de votre électorat pardi !
Si je dois généraliser, c’est bien Facebook que vous devez investir. Parce que l’électorat qui vote y est. Parce qu’en plus des posts et photos, il permet de diffuser du contenu vidéo live ou embarqué, de créer des évènements, …
Alors oui, TikTok est tendance dans la classe politique mais posez vous sincèrement la question : est-ce que votre électorat y est ?
Quant à LinkedIn, même si son contenu tend à se diversifier au point que certains le qualifient de « nouveau Twitter » , il reste un réseau professionnel et les quelques élus qui s’y lancent optent souvent pour une tonalité institutionnelle, de communication publique.
Et Insta alors ? Pourquoi pas, d’autant que la dernière évolution de ses conditions d’utilisation va permettre le référencement de vos posts par les moteurs de recherche, ce qui vous donnera une visibilité supplémentaire.
Mais attention, à chaque réseau ses codes et sa communauté : si vous ne faites que dupliquer un contenu créé pour Facebook sur Insta, peu de chance que votre compte attire les foules. En revanche, si vous pensez avoir le temps et les ressources pour adapter chacune de vos communication à chacun de vos réseaux, pourquoi pas.
Quel format favoriser pour une campagne électorale en ligne ?
- Sur ce point, la compol’ ne fait que se conformer aux préconisations de la com’ digitale : pour rappel, aujourd’hui, les formats vidéo courts ont le vent en poupe. Portrait de présentation de la tête de liste et des colistiers, reportage thématique, retour sur un évènement de la campagne électorale … tout est possible tant qu’on reste sur une durée inférieure à 1 minute. L’astuce : préférer plusieurs vidéos très courtes (30-40 secondes) à diffuser en plusieurs épisodes.
- Autre format intéressant pour la campagne : l’infographie qui permet de mieux faire comprendre les sujets les plus techniques. Pas sûr(e) de savoir en réaliser une ? Un bon vieux schéma dessiné à la main et pris en photo lui conférera en plus une patine d’authenticité qui vous permettra de vous différencier. Et sinon, vous pouvez bien-sûr la confier à des professionnels !
- Quid du recours aux influenceurs ?
Bon, d’abord, évidemment, bien les choisir (voir sur ce point cet article de Virginie Dubuisson pour Entourages) !
Mais surtout, faire attention aux conditions de votre collaboration : la Commission nationale des comptes de campagne a annoncé qu’elle y veillerait particulièrement !
Alors, comment s’assurer du bon équilibre entre compol’ terrain et compol’ digitale pour votre prochaine élection ?
Sincèrement, il n’y a pas de réponse absolue, tout dépend de votre propre notoriété (en ligne et surtout, IRL), des objectifs de votre campagne (gagner, s’assurer une bonne fusion dans l’entre-deux-tours, faire le buzz …). La meilleure réponse : celle qui sert autant qui s’intègre bien à votre stratégie de campagne.